Le Pape parle à l’Europe à Strasbourg, mais quelle différence entre Parlement européen et Conseil de l’Europe ?

Le 25 novembre 2014, Pape François s’est adressé au Parlement européen, réuni pour l’occasion en séance solennelle, puis au Conseil de l’Europe. Pour le premier Pape non européen de l’époque moderne, il s’agit du cinquième voyage en dehors de la péninsule italienne et de son second voyage en Europe, après celui en Albanie du 21 septembre 2014.

Pape François avait été invité par le Président du Parlement européen, Martin Schultz, lors de sa visite au Vatican le 11 octobre 2013.

La dernière et première visite d’un Souverain pontife aux institutions européennes à Strasbourg (Parlement européen et Conseil de l’Europe) remonte au 8 octobre 1988, lorsque Saint Jean Paul II avait été reçu à la veille du 40e anniversaire du Conseil de l’Europe et il s’était adressé au même temps au Parlement européen. Il s’agissait dans ce cas aussi d’un voyage apostolique en France, pendant lequel le Pape polonais avait affirmé avec force : « On ne peut pas construire l'Europe seulement avec la technique. Il lui faut aussi une âme, une âme ! » 

25 ans plus tard, Pape François se rend à Strasbourg pour une visite éclaire entièrement dédiée aux institutions européennes. Maintenant le Parlement européen est accueilli dans un édifice moderne, alors qu’en 1988 il était encore accueilli dans le Palais de l’Europe, un bâtiment plus ancien, siège principal du Conseil de l’Europe. Les deux institutions sont clairement distinctes,  avec des différences que souvent échappent au publique et aux médias. Si le Parlement européen est une institution de l’Union européenne (formée par 28 Etats), le Conseil de l’Europe est une organisation paneuropéenne réunissant 47 Etats membres et  dont le Saint-Siège est un membre observateur depuis 1970.

Ces deux institutions continuent à représenter une Europe qui inclut beaucoup de différences culturelles et de traditions, une grande richesse dans un Continent marqué par les guerres et la violence. Toutefois, ces mêmes institutions peuvent souvent être perçues comme le scénario de grandes disparités économiques et sociales, symbole d’une Europe construite « seulement avec la technique », comme Saint Jean Paul II le craignait.

Les élections européennes du mai dernier, ont été caractérisées par un taux élevé d’abstentionnisme, historique : il suffit de penser qu’en 1984 le taux de participation atteignait presque le 59% pour baisser pour la première fois à moins de 43% en 2014. Face à cette situation, Pape François, qui a déjà eu la possibilité de parler du Vieux Continent, a affirmé que « l’Europe est fatiguée. Nous devons l’aider à rajeunir, à trouver ses racines. C’est vrai: elle a renié ses racines. C’est vrai. Mais nous devons l’aider à les retrouver ». Et c’est justement cela, ce souci d’aider l’Europe à retrouver ses propres racines, qui a été exprimé à travers le voyage du Pape à Strasbourg.