La famille et le développement global: un conflit de conceptions sur les droits de l'homme

ONU GenevePendant la vingt-neuvième séance du Conseil des droits de l'homme, qui a eu lieu à Genève entre le 15 juin et le 3 juillet 2015, une résolution intitulée "La protection de la famille" (A/HRC/29/L.25) a été adoptée par 29 voix contre 14 et avec 4 abstentions. Le titre complet de cette résolution importante et encourageante c’est "La protection de la famille: contribution de la famille à la réalisation du droit à un niveau de vie suffisant par ses membres, en particulier par son rôle dans l'élimination de la pauvreté et dans la réalisation des objectifs de développement durable." Désormais cette résolution peut être appliquée aux niveaux national et international afin de promouvoir des politiques favorables à la famille. En fait elle « pousse les États, conformément à leurs obligations respectives sous la loi internationale des droits de l'homme, à fournir à la famille, en tant qu'unité naturelle et fondamentale de la société, une protection et une assistance efficaces. De la même façon, elle encourage aussi les États à prendre des mesures concrètes, selon leurs compétences et au maximum de leurs ressources disponibles ».

Cette résolution arrive à un moment crucial pour les négociations, à New York, concernant la "Version Définitive" de l'Issu du Sommet Post-2015: ici les négociateurs des états membres de l'ONU, avec l'assistance des techniciens et des représentants de la société civile, sont en train de développer le nouveau programme de développement pour l'ONU, visant à aborder la pauvreté et promouvoir le développement social et économique de façon écologique. Dans ce contexte, la contribution de la famille est un élément clé pour le développement intégral: comme mentionné  dans la résolution du Conseil des droits de l'homme ci-dessus, « la majorité́ des objectifs de développement convenus à l’échelle internationale, en particulier ceux qui traitent la réduction de la pauvreté́, l’éducation des enfants et la réduction de la mortalité́ maternelle, seraient difficiles à atteindre si l’on n’avait pas recours à des stratégies axées sur la famille, susceptible, notamment, de contribuer de manière positive à l’élimination de la pauvreté́ et de la faim, à l’accès de tous à l’enseignement primaire, à la promotion de l’égalité́ des sexes et de l’autonomisation des femmes, à la réduction de la mortalité́ infantile, à l’amélioration de la santé maternelle et à la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies ».

Néanmoins, malgré la position claire de la majorité des états membres de l'ONU et l'approche positive du Conseil des droits de l'homme, le rôle de la famille semble être négligé dans l'Agenda du développement post-2015: à l'inverse il y a une tentative de faire de la famille le terrain de bataille d’un agenda idéologique. Quelques états ont incité davantage le débat en insistant sur l'introduction d'une vague référence à "toutes les familles", une phrase qui abandonne le concept légal de la famille étant "l'unité naturelle et fondamentale de la société", comme inscrit dans la déclaration universelle des droits de l'homme.

C’est pour cette raison que la FAFCE a décidé de soutenir une Déclaration Conjointe à propos de la famille à l'Issue du Sommet post-2015, promu par plusieurs organisations internationales de la Société Civile. De cette façon on met l'accent sur le fait que « la formulation dans la Déclaration universelle des droits de l'homme est la manière la plus directe pour assurer que l'issue du Sommet post-2015 reflète l'opinion majoritaire que la famille est l'unité naturelle et fondamentale de la société, où les enfants sont le produit naturel de l'amour entre les hommes et les femmes ». Dans cette Déclaration Conjointe, plusieurs organisations de la Société Civile soulignent que « l'insertion de ce langage ambiguë mènera à l'impression que la famille est une relation arbitraire et inexplicable, sexuelle et émotionnelle entre les adultes; les enfants sont une marchandise à fabriquer, mis sous contrat et enfin achetés ».

À l'ONU ainsi qu'aux institutions européennes et parmi les états membres, nous sommes confrontés par un conflit d'idées au sujet des droits de l'homme. Une vision individualiste semble d’être de plus en plus soutenue par des pouvoirs hégémoniques qui ont tendance à imposer leurs opinions idéologiques sur les pays en voie de développement au sein de l'arène politique et économique. Tout comme déclaré par la délégation du Saint-Siège à l'ONU, la FAFCE croit fermement que l'Agenda du Développement post-2015 « devrait éviter l'application d'idées ambiguës ou controverses. Cet agenda est universel et devrait s'adresser à tout le monde, il devrait être idéaliste et convaincant. Il a été conçu pour inspirer et unifier; il n'a pas été conçu pour frustrer et diviser ».